Aujourd’hui, Charlotte travaille exclusivement à la pellicule et souvent en studio où elle peut jouer avec les lumières et créer des ambiances cinématographiques. Son travail est brut, organique et accidentel, principalement influencé par la Mode, le cinéma d’Horreur et la Science-Fiction. Habituée du portrait, Charlotte photographie avec douceur et imagination ses sujets. Elle aime mettre en valeur le corps féminin et la féminité d’une manière à la fois sensuelle et dérangeante.
Nous exposerons ses travaux à l’occasion de l’exposition Ça va bien se passer.
Quelles sont les influences majeures (artistes, mouvements, événements) qui ont façonné ton approche artistique ?
Passionnée de cinéma, les films influencent beaucoup mon approche artistique. J’aime réfléchir à une ambiance cinématographique pour mes photos et imaginer des personnages charismatiques. Sofia Coppola, Julia Ducournau, Quentin Tarantino, David Cronenberg, ou encore Denis Villeneuve font partie des réalisateurs qui ont une esthétique et une vision qui m’inspirent beaucoup.
Comment illustres-tu l’intime dans ton travail ? Pourquoi est-ce pour toi un sujet pertinent à explorer ?
La promiscuité de la photographie est pour moi déjà quelque chose qui relève de l’intime. Il y a cette connexion qui se crée avec la personne que je prends en photo, elle se met à nu face à mon objectif. L’intime c’est la rencontre de l’autre, c’est son visage, son corps et son histoire. Il partage tout ça avec moi quand je le photographie.
Peux-tu nous décrire ton processus de création ? Comment abordes-tu le développement d’une nouvelle œuvre sur des thèmes aussi personnels et politiques ?
Le fait de travailler uniquement à l’argentique est important dans mon processus de création, c’est instinctif. Il y a ce rapport au corps qu’il faut écouter, le ventre est aussi important que les yeux. On se détache de cette quête de la photo parfaite. J’aime l’idée que quelque chose d’inattendu soit capturé et devienne parfois la chose la plus importante dans l’image. Je pense que l’intime et le rapport au corps font naturellement partie de mon écriture photographique.
Quel message espères-tu transmettre à travers tes œuvres ? Y a-t-il une réaction ou une réflexion particulière que tu espères susciter chez les spectateurs ?
Je pense que lorsque l’on fait de la photo, on cherche à transmettre avant tout une réaction, une émotion, qu’elle soit positive ou négative. On veut interpeller. Si l’on ressent quelque chose en regardant mes images, si on se souvient d’elles car elles sont différentes, c’est déjà beaucoup. Si en plus elles inspirent et/ou font réfléchir, c’est magique.
Comment tes expériences personnelles en tant que femme ou personne de minorité de genre influencent-elles ton travail artistique ?
J’ai longtemps eu une relation compliquée avec mon corps. J’ai grandi avec les magazines, les séries télé où les filles avaient des corps minces et élancés, et étaient très sexualisées. Avec mes photos, je cherche à montrer ma propre vision des femmes et de leur corps : autre chose que les représentations trop standardisées des corps auxquels j’ai été habituée à voir dans les magazines ou à la TV. Une vision féminine, forte et décomplexée.
Quels sont tes projets futurs ? As-tu d’autres thèmes ou idées que tu aimerais explorer dans ton travail artistique ?
En tant que femme qui vient de rentrer dans la trentaine, je me questionne beaucoup sur la maternité et plus particulièrement quelle place cela prend lorsque l’on est une femme artiste. Je réfléchis actuellement à une série sur ce sujet.